lundi 23 octobre 2017

La traversée amoureuse, Vita Sackville-West

Quatrième de couv' : Une croisière autour du monde aux côtés de la femme qu'il aime. C'est ainsi qu'Edmund Carr, journaliste d'une cinquantaine d'années, a choisi de passer les derniers mois qu'il lui reste à vivre. Il a délibérément caché à Laura, la jeune veuve dont il est épris, la nature de ses sentiments et le mal qui l'accable. Au fil des jours, Edmund sent la passion grandir en lui, et avec elle, la jalousie. Pourquoi Laura passe-t-elle autant de temps avec le séduisant colonel Dalrymple ? Que faisait-il au sortir de sa cabine en pleine nuit ?
Huis-clos amoureux dans l'univers confiné d'un paquebot de luxe, La Traversée amoureuse est le dernier roman de Vita Sackville-West. Il confirme son talent d’observatrice et son incroyable modernité.

Une tragédie sentimentale au charme vintage. Élisabeth Philippe, Vanity Fair.

Mon avis : J'ai acheté ce livre à la fin du mois d'avril, après avoir acheté une dizaine de romans (comme si j'en avais pas déjà assez...). Je ne connaissais pas cette autrice, je n'en avais même jamais entendu parler.
Mais le livre était court (environ 200 pages) et peu cher, dans la collection Biblio du Livre de Poche, donc je me suis dit que ça devait valoir le coup. En plus le résumé m'attirait.
J'ai commencé à le lire et au bout de 70 pages je n'étais toujours pas dedans. Je l'ai donc abandonné pour un temps.
Et puis la semaine dernière j'ai eu envie de commencer un roman court, parce que j'avais un peu de temps libre dans des journées bien remplies. Je pensais le lire assez vite, et même si la première centaine de pages a été lue rapidement, la seconde a été un peu plus laborieuse. Peut-être parce que j'ai la tête ailleurs. Oui, c'est sûrement à cause de ça.

Bref, l'histoire est celle d'un homme, un éditorialiste de 50 ans, qui se sait atteint d'une maladie incurable et décide de profiter de ses derniers jours en faisant une croisière sur un paquebot de luxe. Pas con le gars, quitte à profiter, autant prendre un billet sur la même croisière que sa "target". Car oui, Sir Edmund Carr a des vues sur une femme de 40 ans, Laura, une amie Londonienne qu'il ne connaît qu'à travers quelques soirées auxquelles il a participé avec ses amis. Cette croisière est donc l'opportunité de mieux la connaître. D'où le titre.

On assiste au développement du sentiment amoureux de la part d'Edmund, qui cherche à passer le plus de temps possible aux côtés de Laura. Il la suit dans des balades quotidiennes sur le pont, fait escale avec elle afin de visiter les différents pays qu'on leur donne à voir durant quelques heures.
Leur relation est platonique, sur un ton amical, avec cette réserve qui semble toute britannique (ou bien est-ce dû à l'époque ?).
Edmund croit le sentiment amoureux unilatéral, et je vais vous avouer que sur la fin, sa jalousie et son aveuglement m'ont un peu lassée. A croire qu'il ne se rend pas compte des immenses perches que lui tend Laura. Mais au final, je suis plutôt contente de l'issue du roman, car Edmund n'est pas un personnage que j'ai vraiment aimé, et je pense qu'il valait mieux que Laura et lui ne sortent pas ensemble, pas dans de telles conditions.

Le style est fluide mais très travaillé. C'est agréable à lire, on suit les pensées d'Edmund.
Ce qui m'a beaucoup plu c'est le côté vintage de cette histoire : on doit être dans les années 60, dans un milieu très aisé, sur un immense paquebot, qui propose repas et animations, avec beaucoup de personnages de l'époque. Il y a quelque chose de très élégant (se changer pour aller dîner, faire des balades quotidiennes), une douceur de vivre aussi, puisque certains hommes d'affaire choisissent délibérément de rentrer dans le pays où ils travaillent, par bateau plutôt que par avion ! On s'occupe de chaque passager avec déférence, et on sent qu'ils n'ont plus rien à penser, sauf à profiter de cette croisière.

Personnellement j'ai eu du mal à m'investir complètement et à me projeter dedans. On touche au sentiment et à son expression, la psychologie d'Edmund est réaliste et crédible.
J'ai bien aimé cette lecture, elle est agréable, mais pas franchement indispensable.

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mercredi 18 octobre 2017

Le coeur est un muscle fragile, Brigitte Smadja

Quatrième de couv' : Simon Peretti, quinze ans et demi, photographe de nuages, amateur de hard métal, d’Erik Satie et d’Eminem, a des centaines d’amis sur Facebook depuis qu’il est devenu le type le plus populaire du lycée. Celui qui a réussi à conquérir la fille la plus mystérieuse du quartier, une terreur, une légende. Nul doute, on les a vus, on les a pris en photo.
Ils veulent tous la connaître, réclament à Simon leur dose d’images et de commentaires. Surtout Léonard et Nessim. Ne se connaissent-ils pas depuis toujours, ne sont-ils pas frères ? Simon refuse d’en dire davantage, protège une histoire qui n’appartient qu’à lui et à la fille qu’il vient de rencontrer. Bientôt, il parlera à ses amis d’enfance, mais pas maintenant.
Pourtant, il suffit d’un week-end pour que le monde de Simon Peretti s’effondre. Pour qu’il assiste, impuissant, à son lynchage numérique. Pire, Léonard et Nessim ne font rien pour arrêter ce carnage.
Comment en sont-ils arrivés là tous les trois et justement ce lundi où il s’apprêtait à leur présenter la fille qu’il aime le plus au monde ?

Mon avis : En début d'année, pour enrichir mon rayon jeunesse à la librairie, j'avais longuement regardé les publications de l'Ecole des Loisirs, la maison d'édition, qui selon moi, propose les meilleurs textes, à la fois originaux et réalistes, aux adolescents. C'est chez eux que j'ai fait d'excellentes lectures en jeunesse et je leur fais confiance, au point de les mettre en avant le plus possible. Quand mon contrat s'est terminé, il me restait encore 4 ou 5 livres que j'avais commandés pour la librairie mais que je n'avais pas eu le temps de lire. Du coup je me suis acheté Le coeur est un muscle fragile, que j'avais commencé mais pas eu le temps de finir.

J'ai beaucoup aimé l'histoire d'amitié qui est présentée par l'autrice sur une bonne partie du roman. Nous découvrons Simon et comment il est devenu ami avec Léonard et Nessim. Si l'écriture peut paraître très scolaire : on a un déroulé narratif qui revient sur plusieurs années avec des ellipses, le contenu est intéressant, Simon a un père très âgé, mais assez actif et qui lui a fait découvrir un tas de choses qu'il n'aurait pas connu autrement. Simon écoute Erik Satie, mais aussi Eminem. Il adore photographier le ciel, une passion que lui a transmise sa grand-mère, âge de 93 ans. J'ai bien aimé ce passage où Simon passe une semaine avec Nine, même si c'est assez vite expédié.

La relation avec ses parents est assez bien traitée, on voit le basculement entre l'enfant qui s'inquiète pour son père et l'ado qui veut à tout prix s'isoler, et dont les parents ne comprennent pas le comportement. La mère m'a semblé effacée, peut-être en comparaison avec Jacques, le père, qui est une figure forte.

La relation d'amitié entre Nessim, Léonard et Simon est bien exploitée, on sent que c'est le centre de sa vie et que ça fluctue selon les périodes, ce qui rend le tout très réaliste.
Cependant je ne pensais pas que des ados au collège étaient aussi souvent confrontés à la drogue. A mon époque, la drogue c'était un truc de lycéen pas de collégien. Mais bon, ça dépend peut-être des endroits. Bref les 3 personnages sont intéressants, même si je n'aime pas Léonard. Nessim est plus sympa, peut-être moins cassé par la vie. Quant à Simon, il est le genre de garçon calme, discret, un peu mystérieux, dont les gens ont envie d'être proche.

Par contre je n'ai pas trouvé très crédible cette Thelma. Un mystère est mené tout au long du roman pour savoir de qui il s'agit mais la raison donnée à la fin ne m'a pas convaincue. Je ne crois pas du tout une seconde qu'une femme puisse être portée aux nues comme ça par des hommes, qui plus est, des hommes peu instruits, violents et/ou pauvres. En tout cas, ça n'existe pas dans notre société de 2017.
Et j'ai trouvé que la raison était légère, peu crédible... de plus chaque fois que Dune a l'occasion d'expliquer un peu plus son histoire avec Thelma, elle garde le silence ou elle le dira plus tard à Simon, laissant aux lecteurs le soin d'imaginer ce qui les lie toutes les deux.

Quant à ce qui arrive à Simon avec Facebook, je m'attendais vraiment à quelque chose de plus grave. Tout le roman nous tient en haleine, nous laissant croire que Simon a fait ou inventé quelque chose de dramatique, raison pour laquelle les autres le lynchent et que ses amis le laissent tomber. Et en fait, non. Du coup c'est un poil décevant. D'autant que la fin est aussi expéditive sur ce sujet.

L'écriture est simple, fluide, mais il y a quelque chose de poétique. Peut-être parce que c'est composé comme des mouvements, en clin d'oeil à Erik Satie. Peut-être parce qu'on déroule l'histoire de Simon depuis ses 8 ans jusqu'à ses 15 ans. Peut-être parce que certains passages sont sombres, mais assez réalistes. Peut-être parce que Simon est un personnage empreint de poésie, lui qui passe son temps à regarder le ciel et les nuages...

C'est une bonne histoire, mais des sujets qui ne sont pas suffisamment approfondis alors qu'ils sont censés composer l'essentiel du roman ! L'autrice semble plus à l'aise avec la vie quotidienne, la description de l'amour naissant. Les thématiques abordées (sauf celles du harcèlement en ligne) sont bien décrites : la famille, l'adolescence, les amitiés qui s'effilochent, la solitude, les découvertes, etc.

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samedi 14 octobre 2017

Parfaite, Caroline Kepnes

Quatrième de couv' : Je sais tout de toi.
Tu es parfaite.
Je t’aimerai
à la vie
à la mort.
Tu es à moi
pour toujours.


Mon avis : C'est tout simplement en traînant en librairie que je suis tombée sur ce thriller, je n'en avais jamais entendu parler. Mais la quatrième de couv' m'a attirée, la photo aussi et puis je l'ai feuilleté avant de l'acheter pour voir le ton, le style de l'histoire, et ça m'a assez plu.

L'histoire est celle d'un libraire, Joe, qui tombe amoureux d'une jeune femme, Beck.
Mais Joe est un psychopathe, qui distille quelques éléments de son passé au cours de ses réflexions. Tout le roman se compose de ses pensées, de ses actes mais surtout il s'adresse mentalement à Beck, la fille sur qui il a jeté son dévolu. Le ton est donc très particulier et peu commun, voire même très cru à certains moments. Dès le départ on sent que ce type a vraiment un problème.

Il a eu un coup de foudre pour Beck, une jeune fille de 24 ans, étudiante, qui se voudrait écrivaine. Fainéante, elle écrit peu et passe plus de temps à échanger des mails avec ses copines et à boire des verres, on n'est pas sûrs qu'elle aille très souvent en cours par ailleurs. Narcissique, elle aime les jeux de séduction, et encore plus quand ils aboutissent à des relations sexuelles. Autant vous prévenir, certaines scènes sont sacrément explicites.
Joe est maladivement obsédé par Beck, il la suit partout, s'introduit chez elle et dans sa messagerie, récupère des affaires à elle pour les collectionner. Mais Joe parvient toujours à se rassurer "non je ne suis pas pire qu'untel" "non je ne suis pas un psychopathe". Joe, si. Tu l'es. Tu n'as aucune limite ! Mais par moments Joe est un personnage attachant. Je crois que plus on le lit (on le suit sur 505 pages !) plus on le comprend. Joe n'est pas un personnage si manipulateur ou calculateur, je dirais plutôt qu'il saisit les opportunités qui se présentent à lui pour calmer ses obsessions (ou les faire grandir, c'est selon...) mais peut-être qu'inconsciemment je le mets en opposition à Beck et du coup, Joe me paraît plus appréciable qu'elle. Même si je ne cautionne en rien ses agissements ! Mais Beck est assez détestable de son côté, elle a un besoin constant d'attention, elle ment, elle manipule son entourage pour obtenir ce qu'elle veut, c'est un peu une princesse qui adore se faire désirer et de cette façon elle piège Joe, qui est incapable de lui résister et se fait mener par le bout du nez. Elle a une emprise sur lui, tout aussi malsaine que son comportement envers elle. Bref, un couple parfait l'un pour l'autre !

On assiste à un véritable jeu du chat et de la souris : un coup Beck est proche de Joe, puis elle l'abandonne pendant des semaines, Joe gardant toujours en tête la seule et unique Beck, puis elle vient chercher du réconfort auprès de lui, et le laisse un peu tomber... Blablabla.
C'est un peu longuet, alors que l'action ne se déroule que sur 6 mois !
Tout est sale et malsain, que ce soit leur relation, le sexe ou l'obsession de Joe pour Beck. C'est assez déroutant.

On trouve aussi beaucoup de références musicales, cinématographiques ou littéraires. Quant aux nouvelles technologies, elles sont très présentes, si vous n'êtes pas coutumier des us et coutumes de Twitter, vous pourrez avoir du mal à comprendre certains passages. Mais ils permettent une réflexion autour de l'utilisation intensive qu'on peut en avoir.

Quelques points négatifs : les longueurs et la répétition de certains actions (du genre éliminer tout ceux qui sont trop proches de Beck). Le roman aurait pu faire 100 pages de moins car il manque de rythme et la fin devient vite assez prévisible. Dommage.
Certaines choses sont peu crédibles : Joe peut s'absenter régulièrement de sa librairie (même si il en est le boss, fermer en pleine journée ou pour quelques jours sans avoir prévenu la clientèle de la fermeture, ça ne se fait pas dans la vraie vie).
Comme ce roman était comparé à Gone Girl (publié sous le titre en VF Les Apparences), je m'attendais à un profond retournement de situation, qui n'est pas arrivé.

Vous l'aurez compris il s'agit d'une romance-thriller. Il y a autant de suspense que de scènes de sexe.
En le commençant j'ai cru que j'aurais un coup de coeur pour ce roman, mais non. C'est une bonne lecture que j'ai dévorée, mais ce n'est pas excellent. Le roman remet en question aussi notre utilisation des réseaux sociaux (faut-il tout dire ? tout montrer ? Qui sont les gens qui nous suivent ?), j'ai par moments eu envie de tout débrancher et de me déconnecter totalement de la sphère internet.

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mercredi 11 octobre 2017

Un marin chilien, Agnès Mathieu-Daudé

Quatrième de couv' : Envoyé en Islande pour étudier une éruption volcanique, Alberto se retrouve confronté à une nature apocalyptique et au caractère farouche des autochtones. Mais jamais il n'aurait pu imaginer qu'en acceptant de prendre un café chez la belle Thórunn, c’est toute sa vie qui basculerait. À l’heure des comptes, quand les anciennes culpabilités ressurgissent, au milieu des nains, licornes devenues narvals, mules mapuches, marins patibulaires, et de pas mal de moutons, il est encore temps de faire les bons choix.

Mon avis : J'avoue que je ne sais pas trop quoi penser de ce roman. Je l'ai choisi samedi dernier en librairie, attirée par la couverture et le résumé, j'avais envie de me prendre un petit roman qui n'était pas sur ma wishlist depuis des plombes. J'en avais jamais entendu parler sur Booktube, donc j'y allais à l'aveugle. Et je dois avouer que chaque fois que je fais ça, c'est pas une réussite...

L'histoire n'est pas très intéressante, peut-être pas bien exploitée : un chilien arrive en Islande pour étudier l'activité d'un volcan. Dès son arrivée, il tombe sur Thórunn chez qui il va prendre un café. Cependant, l'ensemble du village est au courant, et plus particulièrement Thorvardur l'ex mari de Thórunn, un ivrogne qui cherche la baston. Malgré la menace de l'éruption du volcan et la menace que représente Thorvardur (le jeu de chat et de souris à travers l'Islande) ça manque d'action, de rebondissements et de rythme.

Les différences culturelles ne se font qu'à travers la relation du personnage aux femmes. Alors qu'on parle quand même d'un type qui vient de l'hémisphère sud, sur une île bien particulière : l'Islande. Je trouve qu'il y a vachement de choses à exploiter sur les différences entre les deux pays ! Mais non c'est ses seules inquiétudes sont liées aux femmes et à la façon dont les hommes verront ses rapprochements avec celles-ci...
En revanche le traitement du décor est intéressant : la nature est particulièrement hostile, la vie urbaine n'est pas en reste, puisque l'île semble constituée de bâtiments en tôle, grisâtres, et même d'usine désaffectée qui pue le poisson. Mais pourtant on a envie d'y être, de découvrir l'Islande.

Les personnages m'ont pas mal déçue, je ne m'en suis pas sentie très proche. Thorvardur est un géant islandais, de mauvais poil, descendant d'une vieille femme prénommée Hekla qui a aussi un sale caractère. Thórunn est un peu pareille.
On dirait que les personnages islandais ont un côté frustré, sont très froids et directs. A la fin, Thórunn parle à Alberto comme si elle le connaissait depuis toujours.
Alberto quant à lui, n'est pas franchement attachant non plus. J'ai beaucoup de mal à cerner ce personnage. De plus j'aurais préféré ne rien savoir de sa vie au Chili : sa relation à son ami Marcello, n'est pas intéressante et je trouve que la coïncidence présentée à la fin n'est pas très crédible. Je ne suis pas entrée du tout dans sa quête identitaire. Peut-être que la psychologie des personnages n'est pas très bien construite.

Le style est assez particulier, certains mots me sont totalement inconnus (pourtant dans un contexte simple) et je me suis sentie larguée. Il y a aussi quelques répétitions de l'histoire et ça crée des longueurs. Le ton aussi est difficile à définir : entre comédie, drame et aventure, on ne sait jamais trop où se situer.

Je ne me suis pas sentie prise dans cette histoire et je suis assez déçue. Je ne sais pas si ça vient de moi ou de l'histoire qui n'est pas très bien écrite. Je ne sais pas si c'est de la faute des personnages qui agissent de façon peu crédibles ou si je n'ai pas su m'attacher à eux pour les suivre dans leur histoire. Il est possible que ce roman soit un ovni littéraire qui ne m'a pas séduite.

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vendredi 6 octobre 2017

37°2 le matin, Philippe Djian

Quatrième de couv' : «Betty était allongée sur le lit. Elle était tout habillée, elle me tournait le dos. [...] Putain de merde je me suis dit tout au fond de moi en la regardant respirer. Le silence ressemblait à une pluie de paillettes tombant sur une tartine de colle. On avait toujours pas échangé un mot.» Betty est entrée dans sa vie, valise en main, un matin, et elle était la plus belle. Pour elle, il était le plus grand écrivain de sa génération. C'est que Betty a des exigences de vie que l'écrivain sans éditeur s'essaie à combler. Sans répit, ils se lancent dans une histoire qui refuse toute médiocrité. Pourtant les galères s'enchaînent, à croire qu'il est des gens qui n'ont pas le bonheur facile. Alors, il faut l'arracher à la vie, ce bonheur, à s'en abîmer les ongles, à force d'être à fleur de peau.

Mon avis : Alors ! Ce livre je l'ai acheté en 2013, l'année de l'IUT, où (encore une fois) un des profs nous l'avait conseillé. Je sais pas trop pourquoi, je le sentais pas, je voyais ce bouquin comme un succès des années 80, qu'il serait bon de lire, mais je m'attendais pas à aimer. Il m'a fallu 4 ans pour le sortir de ma PAL, et encore une fois j'étais pas super convaincue en commençant à le lire, mais il se trouve que j'avais envie de voir le film, donc j'ai lu le bouquin avant.

A la fin je me suis surprise à penser que c'était un super livre !
Un roman bien particulier, au phrasé et au style parlé, le ton est détaché, parfois vulgaire et très empreint d'expressions des années 80 ("un clope","ça biche"). Ça m'a un peu fait penser à la façon dont Salinger a écrit L'attrape-coeur.

Il n'y a qu'un seul narrateur, c'est un narrateur interne. On connaît tout de ses pensées, de ce qu'il vit, et c'est à travers son regard que nous découvrons Betty, sa compagne bipolaire. Betty a un tempérament fougueux, elle a de l'ambition, pour elle comme pour lui (son délire autour du manuscrit m'a gavé au bout d'un moment), elle est violente, et elle a besoin d'espace.
Lui n'est pas beaucoup mieux, c'est un anti-héros. Il n'aspire pas à grand chose, c'est un loser avec beaucoup de défauts, sa vie de dépanneur dans un motel lui convient bien (il a une philosophie de vie épicurienne, assez nonchalante et parfois pessimiste) jusqu'au jour où Betty débarque chez lui avec ses affaires. Elle va mettre un coup de pied là-dedans, parce qu'elle veut autre chose pour sa vie, mais elle compte un peu trop sur un homme pour lui offrir une autre vie. Il faut remettre ça dans le contexte des années 80, ça faisait pas super longtemps que le mouvement de libération de la femme avait commencé. Je trouve que les aspirations de Betty peu féministes se justifient dans cette période, d'autant plus que c'est un personnage qui dépend beaucoup des autres pour son bonheur.

Le rythme est pas fou vu qu'il s'agit d'une année dans la vie d'un personnage. Pourtant il lui arrive plein de choses, et ça grâce à Betty : tout d'abord il quitte son job de dépanneur pour rejoindre Lisa, la soeur de Betty à la "Ville", il fait des dépannages de plomberie dans le quartier, avant qu'Eddie, le copain de Lisa leur propose (à lui à et à Betty) un poste de serveur/se dans sa pizzeria. Puis ils se retrouvent à accompagner Eddie dans le sud, pour assister aux obsèques de sa mère et ils reprendront son magasin. Alors certes, la chance leur sourit : ils arrivent toujours à trouver un petit boulot, à avoir un toit et ne pas payer de loyer, à filouter pour obtenir ce qu'ils veulent, mais d'un autre côté ils leur tombent aussi des tuiles sur le coin de la tronche. Betty est malade. Sérieusement folle. Peut-être encore une histoire d'époque, mais elle ne va pas voir un psy. Du coup, le personnage principal endosse de nouvelles responsabilités, il va tenter de la sauver, par certains moyens peu orthodoxes.

Il y a de la passion dans ce livre, parce que les actes du personnage ne sont pas banals. Mais ce sont aussi des personnages frustrés par leur vie : l'une parce qu'elle attend quelque chose de grandiose de la vie, sans qu'on ne sache jamais quoi, et l'autre parce qu'il ne parvient pas à aider sa compagne, il est complètement impuissant face à cette folie qui prend de l'ampleur.

Le film est assez fidèle et dure 3h. Par contre les personnages sont constamment à poil et il y a énormément de scènes de sexe. Donc si ce sont des choses qui vous dérangent, évitez de le regarder.

En bref, un roman où se mêlent les galères, les surprises de la vie, mais aussi la maladie mentale qui pousse à la folie, jusqu'à un final explosif, auquel on ne s'attend pas.

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mardi 3 octobre 2017

Cyanure, Camilla Läckberg

Quatrième de couv' : Quelques jours avant Noël, Martin Molin, le collègue de Patrick Hedström, accompagne sa petite amie Lisette à une réunion de famille sur une île au large de Fjällbacka. Mais au cours du premier repas, le grand-père, un richissime magnat de l'industrie, leur annonce une terrible nouvelle avant de s'effondrer, terrassé. Dans son verre, Martin décèle une odeur faible mais distincte d'amande amère. Une odeur de meurtre.
Une tempête de neige fait rage, l’île est isolée du monde et Martin décide de mener l’enquête. Commence alors un patient interrogatoire que va soudain troubler un nouveau coup de théâtre...
Offrant une pause à son héroïne Erica Falck, Camilla Läckberg livre un polar familial délicieusement empoisonné.

Mon avis : Il y a peu de temps, je regardais les publications poche des éditions Babel, et j'avais (entre autres) craqué sur ce livre. En regardant sur Livraddict, je découvrais qu'il s'agissait d'un hors-série. Tant mieux, puisque je ne savais pas par quel livre de Camilla Läckberg commencer. En plus Cyanure est très court et ne coûtait pas très cher. Je l'ai donc acheté et découvert.

J'ai essayé de ne pas me laisser influencer par la faible note qu'il a obtenu sur Livraddict. Mais je dois bien dire que ce n'est pas un polar exceptionnel, tout commence comme une partie de Cluedo, chaque personnage est présenté à Martin, qui est flic mais aussi le petit copain de Lisette.

J'ai vraiment essayé de ne pas deviner la fin, mais au bout d'un moment ça semblait assez évident, surtout quand on nous parle de Sherlock Holmes...
L'intrigue est assez simple et la fin peu surprenante. C'est très plat et classique, comme quelqu'un l'a dit sur Livraddict "ça manque d'ambition".

Je ne sais pas si c'est dû à la traduction ou pas, mais le style n'a rien de bien folichon et c'est assez dommage. Je trouve aussi que l'atmosphère n'est pas assez travaillée. Les personnages sont coincés par une tempête de neige sur une île, un meurtre a eu lieu, pourtant ils n'ont pas l'air de se sentir si mal d'être isolés. Peut-être que les nordiques sont plus habitués que nous à ce type d'événements météorologiques, mais j'aurais aimé que l'ambiance soit plus pesante, plus flippante.

Certains personnages sont aussi sous-exploités, et certaines scènes n'auront pas d'importance dans le dénouement final. Leur caractère est peu approfondi alors qu'on pourrait assister à de vrais portraits haut en couleurs dans ce huis-clos !

Bref, je lirai un autre ouvrage de l'autrice, j'essaierai de trouver le premier tome de sa saga (même si les livres se lisent indépendamment les uns des autres), je ne veux pas rester sur cette déception alors qu'elle a tant de succès.

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samedi 30 septembre 2017

Les derniers jours de Rabbit Hayes, Anna McPartlin

Quatrième de couv' : Neuf jours. C’est ce qu’il reste à vivre à Mia Hayes, surnommée affectueusement « Rabbit ». Neuf jours, après plusieurs mois de combat – parce que Rabbit est une battante, une Irlandaise bien trempée.
À son chevet, famille et proches se relaient en un joyeux ballet de souvenirs. Entre silences, gaffes et fous rires, toute la vie de Rabbit ressurgit alors : l’enfance, l’adolescence, Johnny son grand amour, et Juliet, sa fille de 12 ans – une certaine idée du bonheur…
Au fil des jours, tous s’interrogent sur leur vie et accompagnent Rabbit dans un voyage émotionnel d’une grande intensité. Quel meilleur bagage pour partir vers la lumière ?

Mon avis : A Noël j'avais reçu une carte cadeau me permettant de m'acheter ce que je voulais dans l'enseigne Leclerc. J'en ai donc profité pour m'offrir ce roman que je n'aurais probablement jamais acheté avec mon propre argent. C'est typiquement le genre de roman à succès, basé sur l'histoire d'une personne malade, qui se veut volontairement larmoyant, que je n'aime pas. En fait, je n'aime pas les romans simplistes où l'auteur veut absolument me faire pleurer.

Bon.
Il se trouve que ce roman est un bon roman dans son genre.
Il est écrit d'un point de vue original puisqu'il présente une galerie de personnages plutôt réalistes, bien que certains très communs, autour d'un personnage en fin de vie. Dès les premières pages on sait que l'issue pour Mia, alias Rabbit, 40 ans, sera la mort. Mais on va la suivre dans ses derniers jours dans la maison de soins palliatifs où elle est envoyée, entourée d'une famille et d'amis on ne peut plus aimants et chaleureux.

L'histoire est présentée de façon à ce que chaque personnage puisse donner son point de vue. Il y a les parents de Rabbit : Jack et Molly, deux personnages forts, mais atrocement malheureux de perdre leur fille. La soeur de Rabbit, Grace et son mari Lenny, ainsi que leurs 4 garçons seront aussi de la partie, pour prendre soin de Juliet, la fille de Rabbit. Eux aussi sont très présents, malgré leurs 4 enfants dont ils doivent s'occuper. Et puis il y a Davey, le frère de Rabbit, qui revient des Etats-Unis pour voir sa petite soeur mourir.
Juliet, la fille de Rabbit, 12 ans, devra endurer ces derniers jours, compliqués pour une jeune fille, mais heureusement bien entourée.
Sans compter sur Marjorie, la meilleure amie de Rabbit, ainsi que toute la bande d'anciens copains musicos' de Davey.
Bref, une galerie de personnages bien chargée (trop, en fait).

Alors chacun sera là, présent, à tenter d'apprivoiser l'inéluctable.
Et puis il y aura les moments de sommeil de Rabbit, où elle retrouvera son amour d'adolescence : Johnny, décédé à l'âge de 22 ans, d'une sclérose en plaques.

Les points négatifs : Justement tout le long du roman j'ai trouvé que ça en faisait trop. Trop de malades, trop d'événements liés à la maladie, aux défaillances des corps.
L'aspect psychologique était trop éclipsé par le trop grand nombre de personnages, mais aussi parce que l'autrice a écrit un roman où il y a trop de maladies. Par contre la dernière page est magnifique, et elle justifie à elle-seule le fait que Johnny DEVAIT être un personnage malade et décédé. Mais je dois avouer que les passages sur Johnny m'ont lassée et c'était ceux que j'aimais le moins lire.

On connait assez peu le caractère de Rabbit, on le voit, on le devine à travers le regard de ses proches, pourtant elle m'a paru être déjà quasiment partie tout au long du roman, puisque les rares moments où elle est éveillée, elle a peu d'impact sur le récit. Au final si elle est le centre de gravité de chaque personnage, elle n'est pas le centre du roman.

J'aurais préféré que l'histoire soit moins longue, il y a clairement des longueurs (quand on aborde le sujet de qui s'occupera de Juliet), et c'est aussi dû au trop grand nombre de personnages, certains sont juste effleurés, beaucoup sont assez peu creusés, même parmi les plus importants ! j'ai trouvé dommage qu'on n'en sache pas plus sur Jack par exemple. J'ai du mal à cerner le caractère de ce père de famille. Je trouve que la plupart d'entre eux manquent de profondeur, d'identité propre (par exemple, Jack ne serait rien sans Molly, ils sont totalement liés voire imbriqués)

Ce qui relève le tout évidemment est l'humour. Heureusement, ce roman reste lumineux, parce qu'il met en avant les bons souvenirs, l'amour, la famille, les amitiés. Il y a énormément de scènes marquantes de vie qui sont représentées dans ce roman, et c'est en cela que l'on peut s'identifier.
Aussi, il se lit très vite. Malgré les longueurs, l'écriture et le style sont simples et fluides et les chapitres sur chacun sont relativement courts, les dialogues ne sont pas idiots et sont même assez réalistes et justes, ce qui nous plonge dans l'histoire et nous pousse à continuer le roman jusqu'au dénouement final.

J'avoue, j'ai versé ma larme à la fin. Je suis contente et satisfaite de cette lecture, qui est une bonne lecture, mais certainement pas un coup de coeur pour moi comme il a pu l'être pour d'autres.

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jeudi 28 septembre 2017

Le miroir, Edith Wharton

Quatrième de couv' : Mrs Clingsland découvre avec désolation un matin l'image que lui renvoie son miroir : celle d'une femme qui n'a plus vingt ans. Mrs Attlee, sa confidente, trouve un subterfuge pour la sortir de sa torpeur : elle lui transmet des messages d'amour d'outre-tombe du jeune Harry, noyé lors du naufrage du Titanic.

Spiritisme, apparition de fantômes, messages de l'au-delà... Edith Wharton révèle avec un humour piquant que les fantômes ne survivent que dans l'imagination de ceux qui les évoquent.

Mon avis : Comme bien souvent chez Folio 2€, ce recueil contient 2 nouvelles : Le Miroir et Miss Mary Pask.
J'avais vaguement entendu parler de la nouvelle Le miroir, qu'il "fallait absolument lire". Il était dans ma wishlist depuis un moment, alors quand je suis tombée sur ce petit livre à 2€ je l'ai pris.

Ça se lit très très vite, et surtout c'est très bien écrit. Pas pompeux, dans un style simple mais pas simpliste.

Je vais tenter de vous résumer les nouvelles sans spoiler.

Dans Le Miroir, on est à New York, une femme prénommée Cora Attlee, a été masseuse toute sa vie, mais arrivée à un certain âge, ses mains sont noueuses et elle ne peut plus exercer. Elle raconte alors à sa petite-fille une anecdote qui concerne Mrs Clingsland, femme ô combien vénérée dans cette famille... mais une femme qui vit très mal le fait d'avoir vieilli et perdu sa beauté d'antan. A cette époque, beaucoup de médiums font fortune sur le dos de riches personnes. Voyant que les charlatans tournent autour de Mrs Clingsland, Cora va alors tout faire pour prendre soin d'elle, lui redonner confiance, et l'éloigner de ces personnes malfaisantes. Mais à quel prix ?

Cette nouvelle nous peint un portrait psychologique de deux femmes : l'une très belle dans sa jeunesse qui ne supporte pas de vieillir au point de s'en rendre malade. Et l'autre, prête à renier ses principes pour aider cette autre femme, afin qu'elle reprenne goût à la vie, en échange d'une jolie maison à Montclair...

"Après tout, me dis-je, ces gens-là ne savent pas ce que sont les ennuis véritables, mais ils ont réussi à fabriquer quelque chose qui y ressemble tant que c'est presque aussi difficile à supporter que les vrais." (p.47)


La seconde nouvelle, intitulée Miss Mary Pask, fait plus intervenir le fantastique : Un Américain est en voyage en Bretagne. Il se souvient qu'une de ses amies, Grace, lui avait demandé de passer voir sa soeur Mary si un jour il se rendait là-bas. Il profite donc de son séjour pour lui rendre visite.
En fin de journée, il part à cheval avec un jeune homme vers la Baie des Trépassés où se situe la maison de Mary Pask. Le brouillard et la nuit tombent, l'atmosphère est sombre et angoissante. Il parvient enfin à la maison, et là l'étrange parait ! (je ne vous en dis pas plus)
La fin est une chute assez surprenante et remet pas mal en question nos croyances, le spiritisme et tout ça.
J'ai beaucoup plus aimé l'ambiance de cette nouvelle : il fait sombre, il y a le bruit des vagues qui s'écrasent dans la baie des Trépassés, haut-lieu de légende : les corps des naufragés s'y échouaient. Le narrateur nous explique qu'il sort à peine d'une dépression, donc on peut se demander si ça vaut la peine de se fier à ce qu'il nous raconte... Bref tout est fait pour rendre l'atmosphère inquiétante.


Je pense que ça me plairait pas mal de lire d'autres ouvrages de cette autrice, et si un jour je trouve d'autres Folio à 2€ avec ses nouvelles, je les achèterais. Son écriture est agréable, elle maîtrise l'ambiance, la montée en puissance de la tension, bref un recueil vraiment sympathique à découvrir.

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dimanche 24 septembre 2017

Le monde comme il me parle, Olivier de Kersauson

Quatrième de couv' : Depuis son enfance à La Trinité, Olivier de Kersauson a voué sa vie à la mer : la marine, la rencontre avec Éric Tabarly, l’épopée des multicoques, les tours du monde, les records, les grands caps et les périlleux océans. Pendant trente ans, amoureux des grands espaces, il a remporté les plus grandes courses, jusqu’à devenir « l’Amiral ». Retiré de la compétition, le pirate breton au célèbre franc-parler offre le récit pudique et passionné de ses aventures dans une formidable ode à la mer et à la vie.

Mon avis : J'ai pris ce livre à la librairie dans les gratuits qu'on avait reçu durant l'été 2016. Je l'ai pris parce que je comptais l'offrir à un membre de ma famille qui navigue. Mais finalement j'ai voulu le lire, parce que comme il est court et écrit gros, c'était pratique à emmener à la plage.

J'ai bien aimé le début de ce texte, quand Olivier de Kersauson parle de la mer, de l'effet qu'elle produit sur lui, quand il raconte ses premières courses.

Par contre je ne partage pas son avis sur les femmes, ce qui m'a vraiment dérangé et donné envie d'enterrer le livre dans le sable.
"La maternité est une affaire de femme. Pas une affaire d'homme. D'ailleurs, ce sont les femmes qui veulent des enfants, dans la majorité des cas. La reproduction, pour un homme, c'est un accident".

Par ailleurs il y a un point que je ne parviens pas à saisir : "Si on parle de savoir, alors on va dire que nous, les hommes blancs, on a su construire des fusées, piloter des avions... à côté de nous, les Noirs ne savent pas (on voit où ces raisonnements mènent, l'histoire l'a montré)."
Si quelqu'un arrive à comprendre, merci de m'éclairer parce que j'ai l'impression de lire un truc raciste, mais je me trompe peut-être ?

Il explique comment il mène sa vie, sans attache, sans possession matérielle, c'est bien, très bien mais je l'ai trouvé par moments très méprisant et condescendant sur la façon dont autrui mène sa vie. J'ai eu l'impression de lire les propos d'un pilier de bar.

"N’étant pas gestionnaire du cerveau d’autrui, je ne vois pas pourquoi je serai préoccupé de ce qu’il pense." Je suis plutôt d'accord avec cette façon de penser, le monde irait mieux si on se souciait moins de ce que pense les autres. L'ironie de tout ça, c'est que je suis présentement en train d'émettre un jugement sur le livre et la façon de penser de ce navigateur !

En gros, je suis très partagée. Il y a des points que je trouve intéressants et d'autres qui m'horrifient. D'autant plus que rien n'est vraiment creusé. Il semblerait que ce soit juste un avant-goût de la pensée de M. de Kersauson. On dirait une commande d'éditeur pour laquelle il a refusé de se fouler, parce que M. est différent et ne rentre pas dans le moule. Bref, pas une lecture indispensable.

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Madame Bovary, Gustave Flaubert

Quatrième de couv' : Une jeune femme romanesque qui s'était construit un monde romantiquement rêvé tente d'échapper - dans un vertige grandissant - à l'ennui de sa province, la médiocrité de son mariage et la platitude de sa vie.
Mais quand Flaubert publie Madame Bovary, en 1857, toute la nouveauté du roman réside dans le contraste entre un art si hautement accompli et la peinture d'un univers si ordinaire.
L'écriture transfigure la vie, mais s'y adapte si étroitement qu'elle la fait naître sous nos yeux.
« Ce n'était plus du roman comme l'avaient fait les plus grands », dira Maupassant : « C'était la vie elle-même apparue. On eût dit que les personnages se dressaient sous les yeux en tournant les pages, que les paysages se déroulaient avec leurs tristesses et leur gaieté, leurs odeurs, leur charme, que les objets aussi surgissaient devant le lecteur à mesure que les évoquait une puissance invisible, cachée on ne sait où. »


Mon avis : Ah ce livre ! J'ai une histoire compliquée avec lui. Je l'ai acheté au lycée, j'ai essayé de le commencer à deux reprises et j'ai abandonné très vite. Je m'en suis débarrassée parce que je croyais que je serais incapable de le lire un jour.
En Novembre 2015 je l'ai trouvé en super état chez un bouquiniste, à tout petit prix, du coup je l'ai acheté, gardé dans ma PAL jusqu'à cet été, où je me suis décidée à le sortir, parce que j'ai 10 ans de plus, que je ne suis pas contrainte par un prof de le lire et que si des ados de 17-18 ans ont réussi à le lire et à l'étudier en classe, je vois pas pourquoi moi je serais pas capable de le lire aussi ?!
Bref, je l'ai commencé en août, j'ai lu une cinquantaine de pages et là encore j'ai bloqué. Je l'ai reposé, j'ai lu d'autres choses et puis je me suis dit que si je laissais passer trop de temps, je serais obligée de relire du début, et ce serait bête. Donc on est mi-septembre et je le reprends. Et là surprise ! j'enchaîne les pages ! Je n'en suis pas au point de vouloir le reprendre tout le temps, mais quand je m'y mets, je dévore une centaine de pages et ça passe bien.

En fait, ce qui me faisait très peur avec ce roman c'était le style. Un prof nous avait dit que Flaubert pensait et ré-écrivait chaque phrase jusqu'à la perfection. J'avais vraiment peur d'un style compliqué. Mais j'ai surtout compris que Flaubert se regardait beaucoup écrire ! Le mec se kiffait en tant qu'écrivain. Il était peut-être perfectionniste aussi. Mais quand même je pense que ça lui faisait bien plaisir d'écrire à ses amis qu'il avait passé 3 mois à travailler un passage de son roman (l'orgueil toussa toussa).
Pourtant son style n'est pas foufou. En vrai, je comprends pas en quoi c'est "magnifiquement bien écrit", pour moi c'est un style simple, empli du réalisme de l'époque. Je vois pas pourquoi on s'extasie sur le style de Flaubert, faudra m'expliquer.

Alors par contre au niveau du vocabulaire, comme on est en 2017 il y'a plein de termes qu'on n'utilise plus du tout, ou du vocabulaire de ferme/campagne/etc, et malheureusement y'a pas de notes de bas de pages pour donner une définition... pas cool.

Il y a énormément de longueurs et c'est fatigant à lire. Flaubert se perd dans des descriptions de la nature super longues, dans des dialogues lourds et inutiles entre le curé et le pharmacien (ou autres personnages). Il raconte la vie à la campagne du XIXè siècle et c'est franchement ennuyeux.
Mais quand il y a un peu d'action, malheureusement Flaubert expédie un peu vite le passage (vers la fin quand avec Justin et elle montent au grenier de l'apothicaire pour se procurer quelque chose (pas de spoilers, promis))
Je pense que je suis parvenue à la fin du livre uniquement parce que je voulais réussir à lire ce roman au moins une fois dans ma vie. C'est quand même plus digeste que d'autres romans qui nous racontent l'ennui de personnages (plus digeste que Moins que zéro par exemple...)

Quant aux personnages, ils sont assez nombreux. Je pensais qu'on aurait uniquement le point de vue d'Emma Bovary, et en fait pas du tout. On a un narrateur externe, qui passe d'un personnage à l'autre.
Alors effectivement, on connaît pas mal de choses sur le quotidien d'Emma, mais aussi beaucoup (trop) sur le personnage de l'apothicaire (M.Homais), et finalement assez peu sur Charles Bovary (alors qu'on commence et finit le roman sur lui...).

Je n'ai pas aimé Emma Bovary. Je croyais que c'était une héroïne qui passait son temps à lire, mais en fait non, pas tant que ça. Je n'ai pas vu une héroïne romantique, parce que c'est une femme qui est heureuse d'avoir une relation adultère et qui n'aime pas son mari. J'ai eu l'impression d'une femme cruelle, méchante, constamment irritable et égoïste.
Malheureusement je n'ai pas compris pourquoi elle ne faisait aucun effort pour être avec son mari, elle le repousse tout le temps. Apparemment il l'aime de tout son coeur, mais elle n'est pas touchée par cet amour, pourtant c'est un amour profond, qui correspond (je pense) à ce qu'elle a pu lire dans les romans qui lui ont plu.
En y réfléchissant, c'est une héroïne qui a besoin d'action dans sa vie, et ça se traduit par une volonté de se compromettre en mettant tout en danger : sa réputation, son mariage, et l'argent du ménage.
Elle est toujours insatisfaite, même ses relations adultères finissent par l'ennuyer.
Elle a une enfant dont elle ne s'occupe jamais. Alors je sais que c'était une autre époque, que c'était normal de mettre son enfant en nourrice quand il était petit, mais quand on voit comme elle s'ennuie, elle pourrait au moins trouver une occupation en prenant soin de son enfant, en jouant avec elle, mais non elle aussi elle la repousse.

Personnellement je pense que Charles Bovary aurait mérité un meilleur traitement de la part de Flaubert. Il apparaît au début, puis on ne le voit quasiment pas. Il semblerait qu'il travaille, ne se fait pas payer par ses patients, puis réapparait à la fin. Alors qu'il y a un narrateur externe, qui nous bassine avec M. Homais, pourquoi on n'en sait pas plus sur Bovary ? Est-il si transparent ? La psychologie d'Emma est cohérente, mais celle de Charles manque vraiment à l'histoire.

Tous les personnages ont un côté détestable et sont plus ou moins méprisants. Si c'est ça la vision de la vie à la campagne selon Flaubert, c'est pas très agréable...

Venons-en à la partie sur l'argent. Parce que finalement, si l'amour n'est pas là, l'adultère fini, il reste un problème qui ne cesse de revenir sur le tapis : l'argent. Emma prend tout à crédit et se fait enfler par un marchand de la ville, le bien-nommé Lheureux. Au bout d'un moment, quand Charles ne touche plus un rond de ses patients et qu'Emma refuse de vendre quoi que ce soit et continue à faire des crédits, les huissiers débarquent. Et là commence la chute. (mais je ne vous en dirais pas plus).


Quelques citations pour finir :
"Parbleu ! le devoir, c'est de sentir ce qui est grand, de chérir ce qui est beau, et non pas d'accepter toutes les conventions de la société, avec les ignominies qu'elle nous impose." (page 243)

"Alors elle se rappela les héroïnes des livres qu'elle avait lus, et la légion lyrique de ces femmes adultères se mit à chanter dans sa mémoire avec des voix de soeurs qui la charmaient. Elle devenait elle-même comme une partie véritable de ces imaginations et réalisait la longue rêverie de sa jeunesse, en se considérant dans ce type d'amoureuse qu'elle avait tant envié." (page 266)

"- Ce qu'il y a de plus lamentable, n'est-ce pas, c'est de traîner, comme moi, une existence inutile ? si nos douleurs pouvaient servir à quelqu'un, on se consolerait dans la pensée du sacrifice !"


Je suis contente d'avoir enfin lu Madame Bovary, mais je ne lui mets que la moyenne, parce que le style ne m'a pas transcendée, mais j'ai été prise dans cette histoire. Les personnages sont peu intéressants et les descriptions sont lourdes, mais finalement ça va, ça se lit.

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