jeudi 17 mai 2018

What Light, Jay Asher

Quatrième de couv' : Un premier amour inattendu 
Le poison de la rumeur
Le récit d'une seconde chance

Le premier ouvrage de Jay Asher, 13 Reasons Why, a été un véritable phénomène d'édition qui s'est vendu à plusieurs millions d'exemplaires dans le monde et a été adapté en série par Netflix. What Light est son nouveau roman. 

"Une magnifique histoire d'amour et de pardon." Stephen Chbosky, auteur du best-seller Le Monde de Charlie


Mon avis : J'ai acheté ce roman fin mars, parce que sa couverture était douce et que les couleurs me plaisaient. Je l'avais un peu feuilleté sans vraiment réussir à comprendre l'histoire, mais comme le style ne me rebutait pas trop, je l'ai pris.
J'avoue que c'était une erreur, j'aurais dû me douter que ce n'était pas pour moi. Mais bon à 15€, un si joli livre... je ne pouvais pas le laisser passer.
Et puis j'avais envie de lire un livre de Jay Asher, mais pas 13 Reasons Why, qui ne me tentait pas.
J'ai commencé ce roman sans rien savoir, je n'en attendais rien de particulier.

❄️🌲💝

Pour résumer cette histoire, puisque la 4è de couv' ne le fait pas... il s'agit essentiellement d'une histoire d'amour.
Sierra vit en Oregon une grande partie de l'année, où ses parents font pousser des sapins, qu'ils vendent de Thanksgiving à Noël dans un parc à sapins en Californie. Pendant un mois, Sierra quitte sa maison, son lycée et ses 2 meilleures amies pour rejoindre le sud. Ses parents bossent à fond pendant ce fameux mois et elle est censée les aider. Ils engagent aussi des jeunes du lycée voisin, afin d'avoir un peu de main d'oeuvre. Sierra a une meilleure amie en Californie, Heather, qui elle est en couple avec un garçon, Devon. Elle conseille vivement à Sierra de s'offrir une "romance de Noël" en sortant avec un type le temps de son séjour, pour faire des sorties à 4. Sierra n'est pas du tout pour, elle est présentée comme la fille qui rechigne à trouver des qualités à un mec. Par ailleurs son père est super protecteur et envoie ch**r tous les garçons qui osent s'approcher de sa fille. (Pas très cool le père, d'autant plus que c'est en travaillant dans ce parc à sapins qu'il a rencontré sa femme - la mère de Sierra).
Donc Sierra n'est pas du genre à se laisser prendre au jeu de l'amour. Jusqu'au jour (genre le 2è jour !), où elle rencontre Caleb, un mec pour qui son coeur fond dès qu'elle le voit. Evidemment ce n'est pas si simple, car Caleb a commis quelque chose par le passé qui le rend infréquentable aux yeux des habitants de sa ville. Tout le monde prétend savoir ce qu'il a fait, la rumeur a enflé, rendant Caleb persona non grata. Sierra pourra-t-elle sortir avec Caleb ? Est-ce que ça en vaut la peine sachant qu'elle n'est là que pour un mois ? Ses parents l'accepteront-ils ?


Spoiler alert ! 
OUI, Sierra sort avec Caleb. Ses parents vont s'adoucir en découvrant que la rumeur a amplifié les actes de Caleb, qui étaient surtout dus à une crise, à un énervement passager. Autrement dit, Caleb n'a rien fait de répréhensible. C'est juste un pauvre gamin qui a vécu des moments difficiles, avec une soeur qui ne se rendait pas compte qu'elle harcelait son frère et le condamnait à des choses qui n'étaient pas de son ressort. Bref. Autant vous dire que côté drama, on est dans du léger, et qu'il n'y a pas de quoi s'affoler !

❄️🌲💝

Bon maintenant on est clairement dans une romance de Noël (j'aurais dû m'en douter...) qui ne casse pas 3 pattes à un canard. C'est sûrement très bien à lire quand on a 14 ans, mais à 28, ça ne marche pas... en tout cas pas pour moi. C'est assez simpliste et les personnages ont tous tendance à me taper sur le système. Ils sont tous "gentils" voyez, ils ont peu de caractère.

Ce qui m'énerve le plus dans ce roman, c'est le personnage de Sierra qui se donne bien trop d'importance. Comme je l'ai dit dans mon résumé, elle doit aider ses parents à vendre des sapins durant la période de Noël. Quand on la retrouve dans le parc à sapins, non seulement elle donne l'impression de faire tout le boulot toute seule (genre décharger des sapins, les vendre, encaisser) car bizarrement ses parents "disparaissent" toujours quand il y a des clients, à croire que Sierra est ABSOLUMENT indispensable, sinon aucun sapin ne se vendrait... J'ai juste envie de lui dire "meuf t'as 16 ans ! c'est pas le boulot qui te fait vivre et pour lequel tu payes des impôts, c'est juste un job que tu fais bénévolement pour aider tes parents, redescends sur terre, t'es pas indispensable".

Et puis Sierra c'est un peu la bonne fille qui veut absolument prendre la défense de Caleb, en mode sauveuse (mec, tu peux peut-être ouvrir ta bouche et te défendre tout seul non ?). Ses arguments sont justes et empreints de maturité, mais ce n'est pas à elle de défendre Caleb quand il se fait emmerder !
Elle est trop sensible (genre elle peut pas s'empêcher d'imaginer ce qu'il s'est passé quand elle visite la maison de Caleb, prend un Lexo, girl !) et elle a tendance à s'emporter pour pas grand chose.
Parfois elle est complètement révoltée par des choses qui n'en valent pas la peine.

Tout comme Caleb, en fait. Caleb est présenté comme le beau gosse à la fossette hyper cool et serein, pourtant dès que certains sujets sont abordés, il est dépassé par les événements et soit il se renferme sur lui-même, soit il s'énerve et tente de se maîtriser pendant un bon quart d'heure.

Ces personnages vivent bien trop d'émotions... c'est les montagnes russes leur vie !
Ces deux personnages mis ensemble ont la mauvaise tendance à tout dramatiser. Un dîner avec Sierra, la mère et la soeur de Caleb ? Il y met fin parce qu'il pense que la conversation prend un mauvais tournant, alors que Sierra ne fait que raconter une expérience personnelle. Elle n'est pas en train de porter un jugement sur leur vie à eux. Pourtant c'est ce que Caleb retire du dîner et il gâche la soirée. Ce mec est complètement bête !
(Je déteste ce genre de passage dans les romans quand les personnages sont incapables de prendre du recul sur leur situation et restent bloqués dans leur égocentrisme. Le problème c'est que ça arrive dans CHAQUE romance)

Autre chose qui m'énerve : Caleb ouvre systématiquement la portière de Sierra. Genre la meuf est pas capable d'utiliser ses petits bras pour ouvrir une portière ?! Mec, arrête d'essayer d'être galant, on n'est plus en 1930 ! (C'est clairement à ce genre de détails qu'on reconnaît que le roman a été écrit par un homme. Une femme, sensible aux causes féministes, n'aurait jamais écrit que le garçon ouvrait à chaque fois la portière de la fille) (Sinon oui je sais qu'on peut être féministe et apprécier la galanterie) (mais ça m'énerve vraiment, parce que j'imagine bien Sierra attendre comme une princesse que le gars fasse le tour de sa camionnette pour aller ouvrir la portière de mâdâââme).

Malheureusement les autres personnages sont très clichés, ou peu présents. Les parents de Sierra apparaissent par moments, un coup pour l'empêcher de voir des garçons, un coup pour l'autoriser à en fréquenter. Aucune logique...
Quant aux amies de Sierra, elles sont des clichés sur pattes et elles sont sans grand intérêt.
En fait l'auteur s'est particulièrement concentré sur Caleb et Sierra, aux dépends des autres personnages qui auraient pu apporter de la fraîcheur ou de l'entrain à l'histoire. Il essaie de le faire avec Heather et Devon, mais malheureusement Heather est une fille insupportable et son copain est quasiment invisible, du coup leurs interventions tombent à l'eau.

❄️🌲💝

A noter : il y a pas mal de coquilles dans le roman, je pense que ça a été traduit à la va-vite, certaines phrases ne sont pas très fluides : l'expression "je me fais un mocha à la menthe poivrée du pauvre", vous trouvez ça fluide, vous ?! Ou encore "gigoter des sourcils", mais qui dit ça ?!
Et il y a pas mal de répétitions (surtout des détails répétés à deux pages près...). Je ne sais pas si ça vient de la traduction ou du texte d'origine, mais ça a clairement freiné ma lecture du roman.

❄️🌲💝

On ne va pas se mentir, j'ai passé l'âge pour les romances adolescentes, je devrais cesser de m'évertuer à en lire, parce que ça a plus tendance à m'agacer qu'à me faire fondre. C'est un roman qui a certainement un public amateur d'histoires d'amour, qui en plus, se déroulent au moment de Noël. Peut-être que si j'avais lu ce livre en décembre et pas en mai, j'aurais été plus séduite ?

Autre point utile : ce roman contient une histoire d'amour extrêmement chaste, donc même les plus jeunes (11-12 ans) peuvent le lire.

Je ne vais pas vous cacher que c'est un roman qui manque de surprise. Au niveau de l'intrigue, il y a assez peu de rebondissements, on peut clairement l'apparenter à un téléfilm de Noël.
La narration est linéaire, presque scolaire et le style n'est pas très agréable à lire.
Ce roman est loin d'être profond et percutant, et c'est ce qui lui fait défaut, car ainsi il manque totalement d'originalité et ne parvient pas à se démarquer des autres romances.  

4/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 14 mai 2018

Mates, Dates & Sole Survivors, by Cathy Hopkins

Quatrième de couv' : Lucy seems to be out on a limb. Everybody has a boyfriend except her, and
since she put Tony on the back burner he's found someone else. Then on a spa weekend with Izzie, Lucy meets someone who seems just right. And he feels the same way about her.

But after a while, she starts to feel smothered. Can someone love you too much ? Maybe the life of a singleton isn't so bad after all. 


Mon avis : Le lien direct vers le tome 4 est . Je me rends compte que je lis de plus en plus vite en anglais et j'ai moins besoin de faire de pauses pour rester concentrée.

Dans ce tome-ci, on retrouve Lucy comme narratrice. Ce sont les grandes vacances et les filles ont 6 semaines devant elles à remplir d'activités et de projets.
Seulement entre Tony et Lucy, ce n'est plus trop ça, Tony a d'autres projets.
Quant aux 3 autres filles, TJ, Nesta et Izzie, elles sont toutes en couple ! Lucy se sent laissée de côté. Pourtant lors d'un séjour à la campagne, lors d'une retraite "Yoga-Méditations", Lucy va faire la connaissance d'un garçon, Daniel.

Ce tome est vraiment centré sur Lucy et ses sentiments. J'ai toujours bien aimé ce tome, parce qu'il ne se passe pas des trucs de ouf, mais la relation qu'entretient Lucy avec Daniel est intéressante à mettre en scène dans un livre pour ado.
J'aime bien les interventions de la mère de Lucy, c'est toujours juste et bienveillant.
Plus je lis ces romans et plus je trouve les filles matures pour leur âge (14 ans). Elles sont toutes bienveillantes, de bon conseil et pleine d'empathie. C'est un bon groupe de copines à suivre.

Dans ce tome, à la fin des chapitres on trouve des t-shirts avec des citations inventées par Lucy, son projet étant de créer des t-shirts à message. Je ne suis pas spécialement fan.

8/10

dimanche 13 mai 2018

L'intensité secrète de la vie quotidienne, William Nicholson

Quatrième de couv' : Six jours dans la vie d’une douzaine d’habitants d’un petit village de la campagne anglaise, en mai 2000. Un microcosme, avec à son centre Laura, 42 ans, archiviste avec mari et enfants, qui mène une vie de famille ordinaire. Jusqu’au jour où Nick, un amour de jeunesse, refait irruption, venant remettre tout en cause.
La passion, la famille, les ambitions et les sacrifices, le sexe, le pouvoir, l’argent et Dieu : on retrouve dans ce livre profond et drôle tous les thèmes qui font les petits et les grands bouleversements de nos existences.

C’est délectable. W. Nicholson signe une histoire subtile et délicate. P. Frey, Elle.

Parfaitement dosé et orchestré, il emballe d’un bout à l'autre avec sa construction polyphonique, ses personnages incarnés qui bataillent tous avec les tracas du quotidien. Avec les rêves et les faux-semblants d'une existence qui leur file entre les doigts comme du mercure. A. Fillon, Lire.


Mon avis : J'ai acheté ce roman pour son résumé alléchant à l'été 2014 dans une librairie de Bayonne que j'aimais bien. Ça date donc ! Il fait partie de ces livres que j'achète en me disant que je le lirais quand j'aurais du temps. Celui-ci fait 579 pages, 600 en comptant la postface. 
L'autre jour j'ai refait du tri dans mes livres à lire et j'ai re-découvert ce roman. Comme je suis partie 2 jours sans ordinateur, j'en ai profité pour le prendre en me disant que j'aurais certainement le temps de le lire. Grossière erreur ! je n'ai lu que 115 pages durant ces 2 jours... Ça ne m'a pas empêchée de le continuer à mon retour, en m'aménageant de vraies plages de lecture pendant lesquelles je ne vais pas sur internet (du moins j'essaie...). 

🌳🌾🌷

Que dire, que dire ? C'est un roman choral dans lequel nous suivons un petit groupe d'habitants d'une commune du Sussex. Il s'agit de tranches de vie, sur une période donnée (7 jours). On pourrait presque parler de portrait, si le profil psychologique était un peu plus développé. 

Il y a de nombreux personnages (presque trop si on n'est pas très attentif) et il est plutôt difficile de s'attacher à certains qui ont vraiment un sale caractère (je pense à la vieille Aster Dickinson). 
D'autres sont plus approfondis, mais j'ai du mal à percevoir vraiment leurs traits de caractère, par exemple Laura et Henry sont un couple qu'on suit vraiment durant tout le roman, on découvre même Laura quand elle avait 20 ans et qu'elle a vécu une histoire d'amour marquante, pourtant je n'arrive pas à tirer un aspect psychologique de ces personnages. 
D'autres m'ont été plus faciles à imaginer, même si on entrait moins dans leur vie (Alan, ou Liz, voire le pasteur Miles Salmon). 
Il faut aussi noter que l'auteur ne "force" pas : ses personnages n'ont pour certains aucun lien entre eux. Même si certaines trames se recoupent, heureusement l'auteur ne créé pas de lien entre chacun, ce qui rend les choses plus crédibles. 
Le lecteur entre dans la vie de ces personnages, on connaît leurs pensées, leurs rêves, leurs ambitions, leurs craintes, leurs regrets. 

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L'auteur aborde différents sujets : le retour d'un premier amour, la possibilité d'un adultère, le rapport des parents aux enfants, la vie de mère célibataire, le sexe, l'ambition artistique, la foi, la solitude. Mais c'est surtout une histoire de routine. Les rencontres viennent la bousculer, et les personnages évoluent grâce à l'ensemble des expériences qu'ils connaissent, pourtant c'est la routine qui ressort, parce que c'est à cause d'elle que les personnages souhaitent une vie différente. 

En lisant la postface j'ai pu découvrir que l'auteur avait mis beaucoup de lui dans cette histoire, à travers les lieux mais aussi les personnages. C'est un peu comme si toute sa vie était dans ce livre et quand je découvre qu'il passe 7h par jour à écrire, je me dis qu'il a beaucoup de ténacité (et beaucoup de choses à raconter !). 

🌳🌾🌷

Le rythme est bon, on alterne entre descriptions succinctes des lieux et dialogues entre les personnages.  Le style de narration est simple, mais certains paragraphes peuvent sembler denses, car beaucoup d'informations nous sont données, sans pour autant être compliquées, ce sont rarement des choses conceptuelles. 
Il y a parfois des situations qu'on pourrait sauter, par exemple lorsque Laura part à Londres chercher une nouvelle tenue pour une soirée, mais c'est si justement raconté, que même si ce passage n'a pas d'impact pour la suite, il est si bien décrit que ça vaut la peine de le lire, et de peut-être s'identifier. 

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William Nicholson a vraisemblablement un problème avec la campagne, ça revient plusieurs fois dans le bouquin, selon lui (ou ses personnages) la campagne anglaise n'est plus ce qu'elle était, à savoir qu'elle est devenue un paradis de la consommation pour des citadins en mal d'air pur, mais qui ne veulent pas avoir les désagréments de la campagne (l'odeur du purin, la boue sur leurs roues). 
C'est aussi un lieu où les agriculteurs se meurent, on a un passage intéressant qui vient nous raconter la dure vie d'agriculteur. En fait, j'ai trouvé que l'auteur en faisait trop sur ce sujet, ce qui m'a embêtée parce que je me demandais ce qu'il cherchait à faire avec cette revendication. 

🌳🌾🌷

Il y a quelques passages mal traduits, à un moment une enfant de 9 ou 11 ans parle et la traductrice lui fait employer le mot "cela" pour "ça" durant tout le passage, ça ne sonnait pas naturel du tout ! 

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Apparemment ce livre est un premier tome, mais il est certain que je ne lirai pas les 3 suivants. J'ai lu les résumés et on fait des bonds dans le temps très importants, on suit de nouveaux personnages. J'estime donc qu'il ne m'est pas nécessaire de tous les lire pour avoir une vue d'ensemble. 

J'ai aimé ce roman, il se lit vite si on s'intéresse au sort des différents personnages. Mais je sais pertinemment que j'ai déjà oublié de nombreux passages. Normal... c'est un peu comme dans la vraie vie, on oublie ce qui est moins important. 

6/10 

lundi 7 mai 2018

Dictionnaire insolite de l'Argentine, Anne Papazoglou

Quatrième de couv' : Terre de Feu glacée, pampa infinie, immenses chaînes de montagnes, pays riche ultra-endetté, Argentins désargentés, effervescente quiétude, égocentrisme généreux, rire désespéré... L'Argentine est la contrée des extrêmes et des paradoxes ; tout y est sophistiqué et kitsch, moderne et archaïque, sublime et insupportable. On y discute de politique au bureau, de psychanalyse chez le coiffeur, de sexualité au supermarché, dans un castellano qui n'a de castillan que le nom, tout en cherchant à panser les plaies des années de dictatures, à l'ombre des jacarandas en fleur, et à profiter des plaisirs de la vie sous le signe de l'asado et du football avec pour armes suprêmes l'humour et l'autodérision.


Mon avis : J'ai acheté ce livre en 2016, au moment où j'aurais adoré aller en Argentine. Depuis, cette envie m'est passée. Mais j'ai quand même cette "soif" de connaissances, surtout quand il s'agit d'un autre pays, et encore plus quand celui-ci est à l'autre bout du monde.

Grâce à ce livre, qui est une succession de notions qui ont constituées l'Argentine, j'ai appris plein de choses ! Des mots en castillan, mais le castillan argentin, attention ! On découvre la gastronomie, l'économie, le passé trouble du pays avec ses dictatures militaires, les grandes personnalités, la géographie des lieux aussi.

Bref, même si ce dictionnaire n'est pas exhaustif, il donne un bon aperçu de ce qu'est l'Argentine à notre époque, vue par une Française amoureuse de ce pays. Le style est moderne et on a l'impression de lire des articles de blog car le ton est léger, tout en étant suffisamment explicatif.
Il est plutôt utile d'avoir un ordinateur à proximité car on a envie de voir certaines entrées ! (ex : le yaguareté)
La fin du livre propose aussi de partir à la découverte de l'Argentine par les films, la musique ou la littérature et ça donne très envie de découvrir tout ça.

Je recommande ce livre si vous êtes intéressé∙e par l'Argentine, ou si vous prévoyez un voyage, ce livre peut déjà vous donner une idée des us et coutumes du pays.

8/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

samedi 5 mai 2018

Thérèse Raquin, Emile Zola

Quatrième de couv' : A vingt-sept ans, en 1867, Emile Zola ne s'est pas encore attaqué aux Rougon-Macquart, son oeuvre géante. Comment s’imposer « quand on a le malheur d’être né au confluent de Hugo et de Balzac » ? Comment récrire La Comédie humaine après ce dernier ?
Mais ses tâtonnements sont brefs. Thérèse Raquin, son premier grand roman, obtient un vif succès.

Thérèse a été élevée par sa tante dans le but d’épouser son cousin, un homme au tempérament maladif. Bientôt, elle ne supporte plus cette vie cloîtrée, ni ce sinistre passage du Pont-Neuf où Mme Raquin installe sa mercerie. Toute sa sensualité refoulée s’éveille au contact de Laurent, un peintre raté dont elle devient la maîtresse. Les amants décident de noyer le mari.
L’âpreté, la sexualité, le crime. Zola est déjà Zola dans ce mélange puissant de roman noir et de tragédie, dans cet implacable réalisme social et humain.


Mon avis : Ça fait au moins 2 ans que j'ai pris dans les livres de mon père Thérèse Raquin, parce que c'est un livre qui est très souvent lu au lycée, et je n'avais pas eu l'occasion de le lire à cette époque. J'étais plutôt intriguée, d'autant plus qu'il ne m'en avait dit que du bien. Mais comme je suis lente à me décider à lire des classiques, le livre est resté un moment dans ma PAL.

►▹・

L'article va être assez court et pas très approfondi car je n'ai pas grand chose à dire.
J'ai trouvé l'histoire franchement bonne, avec une intrigue assez originale pour l'époque (enfin j'imagine). Mais le traitement qui en est fait n'était pas très prenant. Quand je posais le livre, je n'avais pas spécialement envie de connaître la suite.
Je trouvais le rythme parfois très lent : tout ce qui touchait à la psychologie des personnages et leur délire c'était assez lent. Par contre les scènes d'action étaient intéressantes mais souvent trop rapides, peu approfondies.

►▹・

Le style me parait assez moderne. En revanche Zola use et abuse du mot "roidi" ou du verbe "roidir", qu'aujourd'hui on n'utilise plus du tout. Je l'ai lu tellement de fois dans ce roman, on pourrait en faire un jeu à boire, on finirait mal ! Il y a quand même des répétitions, qui intensifient aussi le côté terrifiant de ce qui se déroule.

►▹・

L'histoire est de plus en plus terrible, on sombre avec les personnages, on découvre leur cruauté, leur égoïsme. Si j'avais été plus prise par le rythme de l'histoire, j'aurais pu me sentir vraiment mal à l'aise durant ma lecture, mais vu que j'ai mis de la distance avec le roman, je n'ai pas ressenti cette sensation de malaise comme d'autres. Zola a vraiment créé une ambiance sombre, sale, glauque (dès les premières pages d'ailleurs).

►▹・

Les personnages et leurs sentiments sont très bien décrits. Ils ne sont pas très nombreux, les personnages secondaires sont peu profonds mais assez "pénibles", ce sont essentiellement leurs défauts qui ressortent.
Et malgré tout l'aspect immoral des actions de Thérèse et Laurent, ils finissent par nous toucher par leurs angoisses, leurs remords, leur culpabilité, leur folie destructrice. On ressent tellement leur impossibilité à vivre une vie normale après ce qu'ils ont fait. Rien ne parviendra à leur rendre la vie.

►▹・

Une histoire intéressante, des personnages solidement campés, mais un manque de rythme qui a ralenti ma lecture.

6/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mardi 1 mai 2018

Le Château de ma mère, Marcel Pagnol

Quatrième de couv' : Le plus beau livre sur l’amitié enfantine : un matin de chasse dans les collines, Marcel rencontre le petit paysan, Lili des Bellons. Ses vacances et sa vie entière en seront illuminées.

Un an après La Gloire de mon père, Marcel Pagnol pensait conclure ses Souvenirs d’enfance avec ce Château de ma mère (1958), deuxième volet de ce qu’il considérait comme un diptyque, s’achevant sur la scène célèbre du féroce gardien effrayant la timide Augustine. Le petit Marcel, après la tendresse familiale, a découvert l’amitié avec le merveilleux Lili, sans doute le plus attachant de ses personnages. Le livre se clôt sur un épilogue mélancolique, poignante élégie au temps qui a passé. Pagnol y fait vibrer les cordes d’une gravité à laquelle il a rarement habitué ses lecteurs.

« “Hé ! l’ami !”
Je vis un garçon de mon âge qui me regardait sévèrement. “Il ne faut pas toucher les pièges des autres, dit-il. Un piège, c’est sacré ! –  Je n’allais pas le prendre, dis-je. Je voulais voir l’oiseau.”
Il s’approcha : c’était un petit paysan. Il était brun, avec un fin visage provençal, des yeux noirs et de longs cils de fille. »


Mon avis : Je ne suis pas sûre d'avoir déjà lu Le Château de ma mère. Je l'ai souvent vu (la cassette n'a certainement pas survécu aux nombreux visionnages que j'ai fait de ce film), et si je l'ai lu je devais être très jeune et l'avoir emprunté à la bibliothèque car il est nul part à la maison.

☀︎♥︎☀︎

Je pense que c'est mon tome préféré (bon j'en ai lu que 2 sur 4 pour l'instant) mais dans celui-ci il y a tout : un style encore plus joli que dans le précédent, entre tendresse et humour. C'est fluide et si agréable à lire.
Je l'ai déjà écrit pour La Gloire de mon père mais j'aime tellement l'ambiance qui est retranscrite, celle d'une époque où le chemin des vacances nécessitait 4h de marche, avec des paquets qui contenaient la quasi-intégralité des affaires de la maison. Une époque où Marcel apprenait tant de la nature, grâce aux connaissances de son père mais aussi celles de Lili, et grâce à ses propres découvertes.

☀︎♥︎☀︎

On y découvre l'amitié forte entre garçons, les balades dans la nature en se donnant pour mission de revenir avec des oiseaux ou des lièvres pris au piège, la fin des premières vacances passées à la villa des Bellons et le projet de devenir ermite, toujours l'amour pour la famille et puis cette aventure qu'est le chemin interdit longeant le canal !

☀︎♥︎☀︎

Marcel est un enfant qui est un brillant élève, attentionné envers sa mère qu'il souhaite protéger des tourments de la vie, rebelle et courageux, prêt à se mettre en quatre pour venir en aide à ses parents et leur enlever le poids des soucis. Il a le côté responsable qu'ont certains aînés des fratries. Il est joueur et espiègle avec son petit frère, Paul.
Et puis il a ce petit côté vaniteux, il adore se mettre en avant auprès de Lili, avant de se rendre compte que si lui, l'enfant de la ville maîtrise si bien la langue parce qu'il est fils d'instituteur, ce n'est pas le cas de son petit copain paysan Lili... alors Marcel fera l'effort d'écrire une lettre pleine de fautes d'orthographe afin de ne pas blesser son ami. On ne peut éprouver que de la tendresse pour cette action si humble.

☀︎♥︎☀︎

L'épilogue me fait de la peine par contre, mais ce sont les aléas de la vie. Et Marcel Pagnol retrouve sa voix d'adulte pour nous écrire un magnifique paragraphe (qui me faisait tirer les larmes chaque fois que je l'entendais à la fin du film).

Lire les Souvenirs d'enfance de Marcel Pagnol c'est comme manger un délicieux carré de chocolat, on savoure !

9/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 29 avril 2018

Sindbad le marin

Quatrième de couv' : "C'est ici la demeure du seigneur Sindbad, qui a parcouru toutes les mers que le soleil éclaire."
Hindbad, pauvre livreur, fait une pause devant le somptueux palais d'un riche marchand. Alors qu'il se plaint à Allah des injustices d'un monde qui permet aux riches de vivre largement tandis qu'il doit travailler d'arrache-pied pour nourrir sa famille, le propriétaire des lieux l'entend.
Il s'agit du riche Sindbad, dont la fortune est légendaire. Il invite Hindbad à sa table, et lui conte les merveilleuses aventures qui ont fait sa fortune. Combien de dangers, de tempêtes et de monstres a-t-il su braver ? Combien de terres inconnues a-t-il parcourues ?


Mon avis : J'ai acheté ce livre sur un coup de tête avant-hier. Vu qu'il ne coûtait que 2€ et que je n'ai aucune connaissance des grands textes, je me suis dit que ça valait le coup de l'acheter. J'ai décidé de ne pas attendre, comme il est court (70 pages), sinon je ne retrouverais jamais l'envie de le découvrir.

🌊🌊🌊

Pour résumer, un porteur fait halte devant une immense maison, dans laquelle vit Sindbad. Ce dernier entend le porteur se plaindre de son travail éreintant, supposant que Sindbad se prélasse grâce à sa fortune. (Ce qui n'est pas totalement faux). Pour le détromper, Sindbad invite Hindbad à entrer et à partager 7 repas avec lui, le temps de lui raconter ses voyages en mer afin de le convaincre qu'il a bien mérité sa place et sa fortune.
Chaque voyage le fait quitter Bagdad avec des marchands, sur un navire dans l'Océan Indien, mais en route il se passe forcément un (ou plusieurs) événement(s) l'empêchant de naviguer tranquillement.

🌊🌊🌊

J'aime bien les livres où il y a de nombreuses aventures. MAIS j'aime mieux quand elles sont crédibles... ce qui n'est pas le cas avec Sindbad le marin.
Baleine tellement énorme qu'on la prend pour une île, serpents géants, oiseaux immenses capables de soulever des rochers, les porter et les lâcher sur un navire pour le faire couler, profusion de diamants, perles, émeraudes qui tombent forcément dans les mains de Sindbad, etc. tout est irréaliste !

Ce qui me déplait aussi, c'est la manière dont Sindbad mène sa vie : il fait tout pour survivre, même des choses totalement amorales. Malgré sa façon éhontée de se comporter pour en plus s'enrichir, il est toujours béni par son Dieu : de l'équipage, Sindbad est évidemment et toujours le seul à survivre aux mésaventures. Il est totalement favorisé par Dieu qui le sauve à de multiples reprises de situations impossibles. Pourtant Sindbad est un personnage rusé et vénal ! Il met à profit sa ruse pour tuer et il tue de sang-froid et avec intelligence.
Mais a contrario, on peut lui trouver de nombreuses qualités : brave et courageux, et quand il n'est pas en danger il est généreux et fait attention aux plus pauvres que lui. Il apparait donc très humain. D'autant que la morale qu'on peut en tirer c'est que "les efforts payent" (malheureusement au détriment d'autres humains, ce qui me dérange en un sens).

🌊🌊🌊

Il y a énormément de longueurs et de répétitions : chaque voyage est conté de la même façon. La structure des aventures de Sindbad ne change jamais (et nous invite évidemment à douter de la véracité des propos). On aurait pu se contenter de 3 ou 4 voyages en mer, mais il en fallait 7 (chiffre sacrément récurrent dans l'Histoire du Monde).
Quant à la cohérence de certaines situations, n'en parlons pas !
Dans ce texte, le discours est régulièrement coupé, car il est mis dans le contexte des Mille et Une Nuits durant lesquelles Schéhérazade raconte un morceau d'histoire chaque nuit. Parfois la coupure est faite au bon moment (avec cliffhanger !), parfois c'est assez inégal quant à l'histoire contée (c'est soit trop long, soit trop court).

🌊🌊🌊

Un récit intéressant, qu'on lira pour le côté aventure, plutôt que pour le style d'écriture (la traduction est un poil lourde).

4/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mardi 24 avril 2018

Je ne t'aime pas Paulus, Agnès Desarthe

Quatrième de couv' : "Il y a Paulus Stern qui est amoureux de toi."

Voilà ce que s'entend dire Julia, un matin, de la bouche de sa meilleure amie Johanna.
Il faut préciser que Paulus Stern est le garçon le plus beau du monde et de ses environs, et que Julia est censée tomber raide morte, et verser des larmes de reconnaissance.
Mais sa réaction est plus nuancée. Et si c'était un de ces complots où l'on engage un type craquant pour séduire la mocheté du coin ? se dit Julia. Vrai ou pas vrai, comment faire pour ne pas y penser à longueur de journée ?

Avec une justesse proche de l'extralucidité et un humour acide, Agnès Desarthe nous porte au plus près de cette tornade des sentiments qui bouleverse tant d'adolescences. 
Télérama


Mon avis : J'ai acheté ce roman en début d'année, dans ma frénésie "je veux lire le plus de romans jeunesse de l'Ecole des Loisirs", et vraiment le résumé me plaisait, j'avais super envie de découvrir cette histoire !
Mais je sais pas, ça ne l'a pas fait.

Pour vous faire un bref résumé : Julia est une jeune fille de 14 ans, intelligente mais qui se trouve moche. Un jour, Johana sa meilleure amie, lui apprend que Paulus Stern, le plus beau mec de sa classe, est amoureux d'elle. Julia ne veut pas y croire. L'amour ce n'est pas pour elle, et puis elle a si peu d'estime pour elle-même qu'il est inconcevable que Paulus l'aime.
Et à la maison l'ambiance n'est pas des plus agréables : son père s'est fait licencier, sa mère qui ne travaillait pas ne sait plus où se situer. La famille prend un sacré coup de massue, c'est le début des grands bouleversements !

❦❦❦

Le style est assez sympa, plutôt original. Mais je trouvais les chapitres loooongs ! ça ne me dérange pas d'habitude, mais je crois que je n'ai pas réussi à entrer dans l'histoire, à éprouver de l'empathie pour Julia.

Je pense qu'il y a un truc qui m'a dérangé et qui est répété plusieurs fois : Julia est intelligente mais moche et sa meilleure amie Johana est belle mais stupide. Déjà, partant comme ça, j'étais désolée pour ces deux jeunes filles qui ont si peu d'estime pour elles-mêmes et l'une pour l'autre... Ce que je trouve "pire" c'est qu'à la fin du roman elles continuent de penser ainsi. C'est plutôt nul de ne pas apporter plus de nuances surtout sur un tel point.

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Les personnages n'étaient pas spécialement attachants. On se demande un peu pourquoi Julia côtoie Johana qui est son opposée en tous points et qui ne s'intéresse pas à grand chose. Surtout que les deux filles ne passent pas tant que ça de temps ensemble et elles finissent toujours par raccrocher après s'être disputées au téléphone.

Julia est aussi une personne à part, peu sûre d'elle, détestant son corps, elle est néanmoins très franche avec tout le monde. Elle n'a pas vraiment de limites et fait parfois des gaffes avec ses parents.
Personnellement je ne l'ai pas trop aimée, j'ai un peu de mal à cibler ses qualités.

Certains personnages comme Nadine ou Judith ont un côté marrant et elles apportent un peu de fraîcheur, permettant aussi à Julia d'exercer son cynisme.
Les parents de Julia ne sont pas très intéressants, j'ai trouvé dommage qu'on n'aille pas plus loin dans l'histoire avec eux.
Quant à Paulus, eh bien, à part sa beauté, on ne sait pas grand chose de lui. Est-il brun ? Blond ? Pourquoi fait-il chavirer le coeur de tout le monde ? Est-il sympathique ? Intelligent ? Doux ? Drôle ? On n'en saura rien.
Cela dit, quand on y pense, les amourettes du collège c'était un peu pareil : on fantasmait sur un beau garçon sans le connaître, on le regardait de loin des jours et des jours et subitement on prenait notre courage à deux mains pour lui proposer de sortir avec nous. (Et la plupart du temps ça se finissait bien vite, parce qu'en fait on n'avait strictement rien à se dire...). Du coup, en tenant compte de ça, alors oui l'amourette entre Paulus et Julia est plutôt crédible.

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Je pense que le problème vient de moi qui n'ait pas lu le roman au bon moment. Ce qui est dommage c'est que je n'ai plus envie de découvrir la suite. C'est assez bizarre que j'ai ce ressenti, parce que c'est typiquement le genre de roman qui me plait d'habitude sur l'adolescence, et là, je sais pas pourquoi ça n'a pas pris.

Mais peut-être que ce roman vous plaira, c'est une chronique de la vie d'une adolescente qui découvre peu à peu qu'elle éprouve des sentiments. Un roman sur la naissance de l'amour, entre deux adolescents.

5/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

samedi 21 avril 2018

Train d'enfer pour ange rouge, Franck Thilliez

Quatrième de couv' : Un cadavre en morceaux est retrouvé aux environs de Paris. La victime a été décapitée et son corps martyrisé a fait l’objet d’une mise en scène défiant l’imagination.
Le commissaire Franck Sharko est dépêché sur les lieux. Les ténèbres, il connaît : sa femme a disparu depuis six mois. Aucun signe de vie, aucune demande de rançon. Et cette nouvelle affaire, en réveillant le flic qui dormait en lui, va l’emmener au coeur de la nuit, loin, beaucoup trop loin…

« Les amateurs de polars piafferont sans doute d’impatience pour découvrir la suite des aventures concoctées par Franck Thilliez.»
Frédéric Camus – La Voix du Nord


Mon avis : J'ai entendu Franck Thilliez l'autre jour dans l'émission Boomerang d'Augustin Trapenard (sur France Inter), et il racontait comment il procédait à l'écriture de ses romans, quelles étaient ses thématiques préférées. En l'entendant si passionné, j'ai vraiment eu envie de lire ses romans, et de commencer par son premier.
Mon frère l'avait dans sa bibliothèque et j'ai pu lui emprunter. (Il faut savoir que j'ai lu Puzzle il y a quelques années et j'avais adoré).

Les polars, j'aime beaucoup ça, c'est la meilleure façon de me sortir d'une panne de lecture avec un livre qui se dévore, que je ne peux plus lâcher.

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Avec Train d'enfer pour ange rouge, je me suis directement demandé si j'allais continuer ma lecture car dès les premières pages, les scènes étaient beaucoup trop glauques. Je crois que de tous les polars que j'ai pu lire, je n'avais jamais lu de descriptions aussi atroces de meurtres. Spoiler alert : le roman est bourré de scènes de tortures. Donc clairement, si vous avez du mal avec ça, ce livre n'est pas fait pour vous !
Passées ces premières pages qui m'ont mises mal à l'aise, j'ai continué parce que l'enquête a démarré sur les chapeaux de roue.

Par contre, chaque fois que je posais le livre pour quelques heures, quand je le reprenais j'avais oublié les éléments précédents de l'intrigue (arf super mémoire...) donc j'aurais vraiment du mal à faire un résumé de ce roman et ce serait idiot parce que je ne compte pas vous le spoiler.

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Commençons par ce que je n'ai pas aimé : 

Je n'aime pas du tout le personnage de Sharko.
Sharko est le commissaire qu'on suit tout au long du roman (il est le narrateur).
Dans les dialogues il est toujours violent, dès qu'il parle c'est pour avoir une altercation. J'ai l'impression que l'auteur veut en faire un personnage fort, mais ça fait de lui un personnage agressif, trop intrusif et pas du tout à l'écoute de ce que lui disent les témoins. En gros, il insiste constamment, que ce soit avec des témoins ou ses collègues, il ne lâche pas le morceau tant qu'il n'a pas entendu ce qu'il a envie d'entendre. Et ça, ça me dérange.

Il manque de nuances, on dirait un personnage de mauvaise série policière. Alors que quand on le voit en tant que narrateur, il est beaucoup plus posé et calme. Il se sent aussi au-dessus des lois (alors qu'il est flic !) et il fait partie de ces flics qui suivent leur instinct, en se foutant allègrement de leur hiérarchie. Une enquête est censée se faire dans les règles, or il les outrepasse tout le temps, sans même se faire taper sur les doigts. (ça m'a outrée)

Ensuite je trouve dommage qu'il soit un personnage si stéréotypé. Bon je reconnais que ce roman a été écrit dans les années 2000 et que la plupart des polars que j'ai lu et qui ont ce même problème du flic je m'en foutiste et caractériel, ont été écrit après celui-ci, donc ça a l'air d'être une tendance qui s'est développée (malheureusement) et dont Thilliez est peut-être le précurseur ? (dites-moi si vous êtes expert en polar si cette figure de flic typique était déjà fortement représentée dans les polars publiés avant 2000 ?)

De plus, son caractère solitaire le pousse à tout faire dans son coin et il n'a aucune reconnaissance pour ses pairs, il a même tendance à être agressif avec ses collègues. Il les laisse en plan, sans jamais leur dire où il va, quel éclair de génie s'est présenté à lui. Bref, le type insupportable !

Les dialogues sont assez mauvais car peu crédibles. Certains ont de longues tirades pour expliquer en détails des moments passés (qui s'adressent plutôt aux lecteurs qu'à l'interlocuteur du personnage), certains ont des monologues vraiment pas crédibles... Personne ne parlerait comme ça dans la vraie vie ! 

Un autre point qui m'a dérangée : la volonté de rendre des scènes poétiques (surtout au début). Plus d'une fois ça m'a agacée et m'a fait perdre le fil de l'histoire, tout comme les métaphores imagées (à répétition) que mon cerveau très premier degré s'évertue à imaginer. Le style est malheureusement assez lourd, et c'est dommage, dans un thriller on n'a pas besoin de tout ça ! On veut juste aller à l'essentiel.


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Bon et pour ce que j'ai aimé ? 

Et bien l'intrigue ! Elle est très bien ficelée. Clairement l'auteur a fait un super travail pour ne pas se perdre dans les multiples voies qu'il emprunte. Par moments j'ai eu l'impression en tant que lectrice, qu'on se perdait dans des histoires qui n'avaient rien à voir, qui nous éloignaient de l'enquête de base, mais en fait tout se recoupe par la suite. Et d'ailleurs les explications étaient bien amenées.

Les thématiques sont originales bien que très, très glauques et je ne m'y attendais pas. Les scènes de torture, les pratiques BDSM, le côté religieux (qui au début me soûlait mais se justifiait par la suite), Internet et le darkweb, bref tout ça ce sont des thématiques abordées dans le roman. 

Le rythme aussi est bon, on n'a pas envie de lâcher le roman et le suspense est insoutenable.

J'avais deviné depuis un bout de temps qui était le fou caché derrière tout ça, mais c'est peut-être juste parce que j'ai eu l'habitude de lire des polars. Et même si ça enlève le côté surprenant, j'étais ravie d'avoir bien deviné.

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C'est le premier roman de l'auteur, je trouve que tout n'est pas maîtrisé, et je pense (j'espère) que ça s'améliore dans les livres publiés ensuite. Par contre je ne sais pas si je supporterai Sharko dans les prochains tomes...

Un roman sympa, si on supporte certaines scènes, qui se dévore. Des thématiques peu représentées en littérature mais un commissaire insupportable ! 

6/10


mardi 17 avril 2018

La Gloire de mon père, Marcel Pagnol

Quatrième de couv' : Un petit Marseillais d’il y a un siècle : l’école primaire ; le cocon familial ; les premières vacances dans les collines, à La Treille ; la première chasse avec son père…

Lorsqu’il commence à rédiger ses Souvenirs d’enfance, au milieu des années cinquante, Marcel Pagnol est en train de s’éloigner du cinéma, et le théâtre ne lui sourit plus.

La Gloire de mon père, dès sa parution, en 1957, est salué comme marquant l’avènement d’un grand prosateur. Joseph, le père instituteur, Augustine, la timide maman, l’oncle Jules, la tante Rose, le petit frère Paul, deviennent immédiatement aussi populaires que Marius, César ou Panisse. Et la scène de la chasse à la bartavelle se transforme immédiatement en dictée d’école primaire…

Les souvenirs de Pagnol sont un peu ceux de tous les enfants du monde. Plus tard, paraît-il, Pagnol aurait voulu qu’ils deviennent un film. C’est Yves Robert qui, longtemps après la mort de l’écrivain, le réalisera.

« Je suis né dans la ville d’Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers. »


Mon avis : Quand j'étais enfant, j'ai vu et revu Le Château de ma mère, adapté en film. Mais j'aimais moins La Gloire de mon père. Et pourtant c'est celui-ci qu'on avait en livre en double exemplaire à la maison. J'ai dû le lire quand j'étais toute jeune, peut-être vers 12-13 ans. J'ai dû le relire un peu plus tard, en gardant en souvenir que le roman ne parlait que de la chasse.
Après re-relecture aujourd'hui, je m'aperçois qu'il ne s'agit pas QUE de ça.

Dans ce roman, Marcel Pagnol décrit rapidement sa petite enfance.
Le passage où il raconte qu'il savait lire dès 3 ans, parce que sa mère le laissait dans la classe de son père quand elle allait faire ses courses, est très drôle !

Il raconte comment se sont organisées les premières vacances à la Bastide-Neuve, une maison que son oncle et son père loueront pendant des années. Il raconte la première montée jusqu'à la Bastide, la découverte du chemin qui lui (nous) semble interminable !

Il parle de son petit frère Paul, fidèle allié dans ses jeux et ses recherches entomologiques (d'ailleurs si vous aimez les insectes, certaines scènes bien trop imagées peuvent vous rebuter). Pour eux, les deux petits garçons de la ville, la nature est un immense terrain de jeux (d'Indien d'ailleurs) et de découvertes.

Ensuite, il raconte les journées de préparation par les adultes avant l'ouverture de la Chasse, à laquelle il n'aura pas le droit de participer, se faisant trahir par son oncle et son père. Mais le jeune Marcel, 8 ans et demi, passera outre l'avis de son père, et se lancera sur les traces des deux hommes afin de les aider secrètement à chasser. Cependant Marcel se perdra dans les vallons, sur les plateaux, au milieu des cades et des baoucos, avant de retrouver et sauver l'honneur de son père.

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Avec les Souvenirs d'enfance, écrits dans les années 50, Marcel Pagnol revient sur son histoire. Parfois avec beaucoup de précisions, ce qui m'amène à me demander jusqu'à quel point sommes-nous dans le vrai ? A-t-il construit de toutes pièces la "Gloire de [s]mon père" pour la beauté de l'histoire ?

Je trouve très drôle la façon dont il se moque, adulte, des petits travers de son père, de sa vanité, sous couvert de recherche scientifique par exemple.

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La langue est belle, bien que je n'ai pas compris certains mots (surtout ceux qui se rapportent à la nature...). Il y a un réel effort dans le style pour produire des images, mais des sons aussi (et plus particulièrement, celui des cigales qui sont mentionnées plusieurs fois).
C'est avant tout un roman d'ambiance, avec le cadre magnifique qu'est la Provence.

Quel plaisir aussi de se plonger dans une époque où on prenait son temps : pas de voiture, faire 9 km à pied pour se rendre à la Bastide, pas de salle de bain et une douche au tuyau d'arrosage !
Bref, on se plonge dans les vacances d'un autre siècle, profitant du temps et de la nature.

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Je savais qu'en lisant Pagnol, je passerai un bon moment, un moment où le soleil pénètre jusqu'au coeur (et rien de mieux que de lire ce roman, assise au soleil, dans le jardin, un 17 avril). Je vais même remonter ma note sur Livraddict, parce que c'est un roman qui a le charme du sud.

Citation : "Il n'est pas besoin d'espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer." (p.195)

8/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur